Inde
Le Théâtre Ivre soutient une famille dans le village de Pushkar, au Rajasthan.
Prem, le papa, est un “vieil” ami, que j’ai rencontré en 2001 lors de mon premier long voyage en Inde. En tant que fils aîné, il a à sa charge toute la famille, comprenant dix personnes, dont sa mère, sa belle-soeur veuve et ses deux enfants, sa femme et ses trois enfants, et son plus jeune frère célibataire.
Le village de Pushkar est un haut lieu du tourisme de routards fumeurs de ganja, donnant de fausses perspectives d’avenir aux jeunes indiens, dont beaucoup sombrent petit à petit dans la drogue (après l’herbe, le brown sugar – l’héroïne, qui, souvent frelatée, fait des ravages) et l’illusion d’un monde meilleur ailleurs, pour lequel ils sont prêts à voler même leur propre mère. Ils renoncent ainsi souvent à l’école et, plus tard, à travailler pour aider leurs familles. C’est le cas des deux fils de Prem et de son neveu, âgés entre 18 et 21 ans.
Prem, atteint d’une maladie improbable (les médecins ne travaillent bien que si l’argent est déposé en masse sur leur table) et incurable avec les moyens dont il dispose, faiblit d’année en année, ce qui le rend incapable de tenir un business tout seul (sa famille est de la caste des commerçants). Ne lui reste que la solution d’emprunter de l’argent pour subvenir à ses besoins, argent prêté à des taux inimaginables. Ses créanciers lui rendent la vie infernale, n’hésitant pas à le faire travailler onze heures par jour dans leurs shops sans aucun salaire ni pause repas.
Le Théâtre Ivre a peu de moyens mais met à disposition quand il le peut de quoi permettre à la famille de continuer à être approvisionnée en eau et en électricité, ainsi que de quoi rembourser partiellement les dettes et se nourrir au jour le jour.
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