d’Arthur Schnitzler
Par la Cie du Trac’n'Art
Théâtre du Vide-Poche, Lausanne,
du 30 novembre au 15 décembre 2007
Mise en scène Ludivine Triponez
Assistanat Claire Ansermet, Magali Bonvin, Bernhard Schlaefli
Décor et costumes Sarah André
Lumières Aurèle Pilet
Régie Elodie Dahan
Graphisme Sarah André
Photos et captation vidéo Andrea Marioni, Vladimir Loncar, Serabibi
Avec Isabelle Cattin, Pierre-Yves Cattin, Hubert Dottrens, Céline Favrod, Pascale Hautier,
Carole Iffland, Patrick Mangold, Jean-Claude Rudaz, Laurence Terramorsi, Bassem Zein
“Ca aurait été formidable, si je lui avais seulement embrassé les yeux…”
Cinq hommes, cinq femmes, dix couples, dix solitudes. Dans une ronde sans fin, dix personnages en quête d’eux-mêmes, avant même que de l’âme soeur.
La Compagnie du Trac’N’Art a proposé ici un plongeon dans le microcosme humain, sensuel et maladroit, souvent pathétique, revisité par la main créatrice et ludique des comédiens.
Sur la toute petite scène du Vide-Poche, comment faire tourner ces dix personnages en quête d’amour? Autour d’un grand lit, bien sûr! Où tous passeront, apportant chacun son linge – qui un duvet bien garni, qui un drap de soie noire, qui encore seul son piètre accoutrement qui fait d’elle une prostituée, de lui un soldat, d’elle une femme de chambre, de lui un jeune homme, d’elle une jeune femme, de lui un mari bien pensant, d’elle une gamine délurée, de lui un poète raté, d’elle une actrice fanée ou de lui un comte las -, ses frocs et ses frasques. Une touche de baroque défraîchi, tournant autour des blancs, beiges, bruns et noirs, dans les costumes terminant de mettre tout le monde au diapason dans cette ronde aux liens incertains.
Travail intimiste autour de la lumière, voulu par les ébats de plein front – multitude d’abats-jour permettant d’y voir plus ou moins clair dans cet entremêlement de couples, dont les rencontres seront ponctuées d’airs d’orgue de Tende de Padre Davide, Vicenzo Petrali, Giambattista Martini, entre autres: musiques théâtrales et militaires, pour orgue, tambours et cymbales… Cette intrusion de fracas dans un univers a priori réservé au sacré et aux églises nous semblait autant remuante (et nécessaire pour ne pas tourner que dans un sens) que celle du sexe et de la tromperie dans les rêves d’amour. Ainsi, entre chaque duo tanguant sur le grand lit noir, s’illuminaient deux angelots dans la salle choquée par un gros fracas et immédiatement après bercée par les orgues mélodieux complètement décalés avec la décadence régnant sur le plateau.
Le vieux rêve du film porno doublé d’un air de grand classique. La vue remuée alors que l’ouïe est flattée, quel sera le choix d’appréciation du public? Après tout, dans la ronde, c’est les composants, quels qu’ils soient, qui forment le cercle et permettent la danse.

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