adaptation du roman de John Fante The West of Rome (1985), traduit de l’américain par Brice Matthieussent (Mon chien Stupide, 1987)

Théâtre Trois P’tits Tours, Morges,
du 9 au 24 mars 2007

Adaptation, scénographie
et mise en scène
Ludivine Triponez
Lumières
Antoine Friderici
Vidéo
Vladimir Loncar, Serabibi
Musique
Arthur Besson (voir CV )
Graphisme Lucia Calvino, Luciaenlaciudad

Avec Claude Froelicher, Laurence Terramorsi, Julien Rochat, Carole Iffland, Tomas Gonzalez, Raphaël Pattusch, Sami Khadraoui,
Arthur Besson

Un scénariste raté émigré en Amérique nous raconte sa vie et sa famille dont le vide n’a de sens que de nourrir la nostalgie de son pays, l’Italie. Quand, un jour de pluie, au fond du jardin, un semblant de printemps, pouilleux et vicieux, se pointe…

Mise en espace de ce roman extraordinairement jubilatoire et mélancolique. Henry J. Molise (interprété par Claude Froelicher) livre en direct le roman de Fante, lisant ses pages au public au fil de sa vie qui en est la trame. Cette vie de clopes, de whisky et d’ennui – vaguement teintée des frasques et de la désagrégation de la famille du scénariste – se déroule sous les yeux des spectateurs en la présence des membres de cette famille claudiquante, y compris Stupide, gros chien “pédéraste” dont Henry se sert pour se venger de ses échecs. Vieille nappe cirée, cuisine centrale toujours pleine de l’attente des parents d’une hypothétique réunion de la famille, vernis à ongle et rêves de départs de la mère, actes extrêmes de provocation des trois rejetons. A droite, un salon où évolue le musicien, qui deviendra le temps d’un instant un voisin, malheureusement avocat, victime des frasques du chien. En fond, la plage et un bar, où les protagonistes attendent d’être mentionnés par Henry pour faire irruption dans l’espace de cette grande villa désertée. Une machine à écrire dont la poussière des touches ne touchera qu’un doigt, pas celui de l’écrivain, non, mais celui de sa femme, à qui il ne reste que ce moyen pour communiquer à son misanthrope de mari qu’elle va “à la plage”. Au fil du scénario qui se trame, se désagrège la famille Molise, pour enfin permettre à Henry de pleurer sous la lampe de la cuisine et faire taire cet échec profondément humain, dont la narration aura pourtant fait naître un roman, et un spectacle.